
les amants de la St.Jean et l'aigue vive |
Il s'agit là d'une vieille histoire que je n'ai jamais encore racontée sur mon site. Une de mes œuvres dont je suis le plus fier.
Serait-ce Mars et Vénus ? Certains ont vu dans cette sphère le filet de Vulcain piégeant les deux amants, tandis que les dieux de l'Olympe accouraient dans de grands "rires homériques". Non, mon enjouement à cette vue n'a rien de méchant ou moqueur.
Certains aiment y voir la rondeur d'un nid où le regard peut plonger - l'intimité d'une fleur... D'autres, au cœur de cette sphère ajourée, ressentent quelque chose du milieu du monde, d'une fusion première ; et n'est-ce pas, à vrai dire, "l'origine du monde" ?
Mais depuis que, par un beau matin du 24 Juin 1999, mon fondeur, le dieu Vulcain, non, le dieu Atlas basculait cette sphère de son épaule et la jetait dans mon atelier… à l'évidence, ils s'appellent "les amants de la saint Jean". Ils sont lumière et feu.
Et "comment ne pas perdre la tête" en se laissant envoûter dans ce développement sans fin d'une valse, dans ces impulsions, ce souffle, dans ces flammes qui s'enroulent autour des amants, dans ce brasier où eux-mêmes ne cessent d'évoluer ? Buisson ardent. Et pour beaucoup, le feu de la statue de Jeanne d'Arc que j'étais en train d'avancer - ses noces de feu.
Car il me fallait saisir, quelque huit mois auparavant, la chance d'une commande, mal engagée, qui voulait qu'une figure-couple en bronze serve de pied pour une table en verre - comme si cette figure de féminité pouvait être figée en cariatide. Il fallait l'intégrer dans une structure porteuse, elle-même très ajourée. Un défi impossible, et techniquement redoutable. Ce fut un long hiver. L'occasion de restituer le bonheur de l'homme et la femme, la grâce du couple de façon la plus libre et mouvante et vive.
Ou encore, selon les mots de Pablo Neruda : "...le jour fait et défait son céleste filet tissé de temps, de sel, de bruits, d'élans, de routes, d'une femme et d'un homme, et de l'hiver sur terre."
La suite, une des suites de l'histoire, est racontée p.39 du site.
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